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mercredi 26 juin 2019

Le règne des idiots

"Le règne des idiots",
par Chris Hedges


Source : Chris Hedges, Truthdig, le 30/04/2017
Si on laisse faire nos dirigeants, ils vont nous mener tous à la mort : Chris Hedges


Dans les derniers jours des civilisations qui s’écroulent, les idiots prennent la relève. 


Des généraux idiots mènent des guerres interminables et ingagnables qui mettent la nation en faillite.

Des économistes idiots appellent à réduire les impôts des riches, et à couper les programmes sociaux des pauvres, en prévoyant une croissance économique basée sur un mythe.

Des industriels idiots empoisonnent l’eau, le sol et l’air, suppriment les emplois et réduisent les salaires.

Des banquiers idiots jouent sur les bulles financières qu’ils ont eux-mêmes créées et réduisent les citoyens à l’esclavage en vertu d’une dette qui les écrase.

Des journalistes et des intellectuels idiots prétendent que le despotisme est la démocratie.

Des agents de renseignement idiots orchestrent le renversement de gouvernements étrangers pour créer des enclaves sans loi où prospèrent des fanatiques fous furieux.

Des professeurs, des «experts» et des «spécialistes» idiots s’emploient, avec un jargon inintelligible et des théories obscures, à soutenir la politique des dirigeants.

Des animateurs et des producteurs idiots créent des spectacles scabreux, pleins de sexe, de sang et de fantasmes.

Dans la checklist bien connue de l’extinction, nous sommes en train de cocher toutes les cases.
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Ce moment de l’Histoire marque la fin d’un long et triste récit d’avidité et de meurtre par la race blanche. Il était inévitable que pour le spectacle final, nous vomissions une figure grotesque comme Trump.
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En 1940, au moment de la montée du fascisme européen et de la guerre mondiale imminente, Walter Benjamin écrivait :

Un tableau de Klee nommé Angelus Novus montre un ange qui semble sur le point de se détourner de quelque chose qu’il contemple fixement. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes écartées.

Voilà comment on peut imaginer l’Ange de l’Histoire.

Son visage est dirigé vers le passé. Là où nous percevons une chaîne d’événements, il voit une unique catastrophe, qui empile épave sur épave et les jette à ses pieds.

L’Ange voudrait rester debout, réveiller les morts et restaurer tout ce qui a été brisé. Mais une tempête souffle depuis le Paradis ; elle se prend dans ses ailes avec une telle violence que l’ange ne peut plus les fermer.

La tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que, à ses pieds, le tas de débris monte jusqu’aux cieux.

Cette tempête est ce que nous appelons le progrès.


Texte intégral